Etre photographe indépendant n’est pas une sinécure, même à l’Ile Maurice ! Etre photographe indépendant, c’est avant tout concevoir, réaliser des images et en vivre. La conception est affaire de talent et ne s’apprend pas. La réalisation relève de la technique et s’apprend soit sur le terrain, soit dans des écoles professionnelles. Pour vivre de son talent, enfin, il faut savoir compter, développer son activité, vendre ses images, négocier …

Tout d’abord, pour être photographe indépendant, il faut avoir les compétences requises pour savoir prendre de belles photos ! Il faut avoir ce que je peux appeler un “savoir-voir”, qualifié également d'”oeil du photographe” – c’est l’une des plus-value majeures qu’un photographe professionnel doit apporter par rapport à un néophyte . Savoir composer une image pour qu’elle soit forte, savoir utiliser la lumière, savoir saisir l’instant décisif, l’émotion du moment, la beauté d’un paysage ou d’un regard – ce n’est pas donné à tout le monde.

Il faut aussi investir dans du matériel haut de gamme très couteux. La photographie, quand on la débute, est un puis financier sans fin – boitiers reflex (au moins 2 pour assurer en cas de défection de l’un d’entre eux), de nombreuses optiques (extrêmement chères pour les meilleures), des flashs pour maîtriser la lumière, un équipement studio, des trépieds, des filtres, des réflecteurs … et j’en passe ! S’il est vrai qu’un bon photographe peut faire de belles photos avec n’importe quel équipement (même avec de petits compacts), il n’en reste pas moins que les standards de vente d’images actuels imposent du matériel professionnel.

Ensuite, il me semble fondamental pour un photographe, d’avoir des idées. Yann-Arthus Bertrand disait fort justement: “être photographe, c’est avoir des idées, et les réaliser”. Il faut sans cesse innover, avoir l’oeil aux aguets, penser à des sujets de reportage, comprendre ces sujets pour bien les appréhender. Un photographe qui se laisse aller et ne propose plus rien de nouveau à ses clients est un photographe en danger !

Après ces 3 pré-requis du métier de photographe, il faut savoir se faire connaître, se faire un nom. Il est vrai qu’un photographe qui réalise de beaux clichés doit rapidement se forger une bonne réputation. Cependant, un marketing intelligent, l’utilisation d’Internet et des réseaux sociaux sont devenus indispensable aujourd’hui. Il ne parait pas concevable d’engager un photographe dont le site Internet n’est pas attirant. Il est aussi de plus en plus essentiel de communiquer avec ces clients potentiels via un blog, via Facebook ou Twitter – afin, justement, de montrer ses images, son activité, de partager ses idées et ces concepts novateurs.

Il faut aussi savoir se vendre pour vivre de sa passion. De nos jours, avec l’accessibilité des appareils photos numériques, nombreuses sont les personnes qui pensent pouvoir faire elle-même ou par un proche leurs images de mariages, leur images pour des publicités … Bien souvent, c’est un désastre. Mais il devient difficile aux photographes professionnels de faire accepter ce fait et de justifier leur prix. Il faut prendre conscience et faire prendre conscience de ce que l’on vaut, de ce que cela coute de “fabriquer” du rêve ou de valoriser un produit.

Enfin, il faut savoir gérer son activité, ses revenus, ses contrats, sa relation client … Cela demande beaucoup de temps, du temps passé sur son ordinateur au lieu de prendre de belles photos.

Ceci est un petit résumé de ma nouvelle vie, qui est passionnante mais aussi très consommatrice de temps et d’énergie. Aussi, je suis extrêmement heureux d’avoir une formation financière et de gestion, qui me permet de bien m’organiser, de voir clair dans mon activité et d’avoir une ouverture d’esprit intéressante sur le monde qui m’entoure. J’espère aussi que ma petite expérience pourra servir à d’autres photographes qui veulent se lancer dans la grande aventure !