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Être photographe est un véritable engagement.

La photographie, qui est l’art d’écrire avec la lumière, permet à celui qui déclenche l’obturateur de poser un œil particulier sur le monde et l’environnement qui l’entourent. Les photographes sont les témoins visuels de leur époque, et leurs images documentent la réalité, leur réalité. Elles sont un prolongement de leurs yeux, le reflet de ce qu’ils voient, de ce qu’ils vivent, de ce qu’ils ressentent. Comment alors rester insensible à ce qui se passe sous leurs yeux ?

Ainsi de nombreux photographes s’engagent dans diverses actions politiques et écologiques. Yann Arthus Bertrand pour son engagement écologique (“La Terre vue du ciel”), ou, plus proche de nous à Maurice, Jameel Peerally pour son engagement politique avec Azir Moris, sont deux exemples parmi des centaines d’autres.

Mon engagement personnel, pour mon pays d’adoption qu’est l’île Maurice, concerne la protection du patrimoine culturel, architectural et paysager. C’est un engagement qui vaut la peine parce que l’Ile Maurice recèle encore d’une grande variété d’endroits, de paysages, de vieilles traditions à protéger et à préserver. Mais il s’agit aussi d’un combat, car il faut se battre contre le pouvoir de l’argent (à tous les niveaux), contre une société qui dénigre son passé et son patrimoine coloniaux et contre une culture du mauvais goût et de l’uniformisation. Pourtant, il me semble qu’il y a une prise de conscience qui est en train de naître dans notre petite ile; de plus en plus de personnes s’insurgent contre le tout béton, contre les dizaines de projets d’hôtels, d’IRS qui défigurent Maurice à tout jamais, qui privent les Mauriciens de leur terre et dont l’argent ne bénéficie qu’à une poignée de personnes. Ces projets, bien souvent d’une laideur affligeante, sont de très grande ampleur et sont un désastre écologique: pollution des sols, pollution du lagon, création de plages artificielles, destructions des habitats naturels pour les espèces endémiques … sans parler de la pollution visuelle ! Que préfèrent les gens, Mauriciens ou touristes: se retrouver sur une plage déserte, façon Robinson Crusoë, avec un décor idyllique et sentir la nature; ou être sur la même plage, avec des transats par centaines, et pour seule perspective la dizaine d’hôtels en béton qui vient d’ouvrir !

Je pense qu’avant tout, il faut redonner aux Mauriciens le goût du beau, de l’esthétique, de l’authenticité, de l’harmonie. Quand je montre aux couples que j’accompagne une belle maison coloniale pour y faire des photos, ils sont tous éblouis par la beauté de l’architecture, l’espace dans les jardins, l’organisation des pièces, le fait qu’il y fasse frais sans air conditionné … Les photographes (je citerais ici Kunal Jankee, dont le film en stop motion sur les beautés cachées de Maurice,”Celestial Pearl”, est attendu par tout le monde) sont partie-prenante dans la rééducation de la population mauricienne; grâce à leurs images, les Mauriciens vont découvrir leur pays, leur patrimoine et le fait que tout est menacé de disparition. Alors, peut-être, souhaiteront-ils faire bouger les choses pour stopper ce massacre. Car après tout, en démocratie, c’est encore le peuple qui décide, non ?!

Pour terminer ce long article en français (désolé pour les non-francophones), je désire partager avec vous l’histoire d’une image forte, que j’ai faite très récemment dans une école de Rose Hill. On dit souvent qu’une image vaut mieux que cent discours; je pense que c’est partiellement vrai, car on peut faire dire ce qu’on veut à une image. Pour autant, une belle image authentique peut créer une émotion très vive ne pouvant être décrite par des mots.

L’école, donc, est une ancienne maison coloniale en bois, et elle n’est plus entretenue depuis longtemps – trous dans le sol, dans les murs, aménagements sommaires. Pour autant, cette école reste magnifique, on peut y sentir la vie et l’histoire des milliers d’écoliers qui sont passés par ses bancs. Le propriétaire du lieu, directeur de l’école, nous dit qu’elle sera vraisemblablement démolie pour être remplacée par une école en béton sans âme, mais plus pratique. Les quelques élèves sur place nous avouent à demi-mots qu’ils ne se sentent pas concernés et qu’ils préfèrent un bâtiment moderne. L’image qui suit prend alors une force incroyable à la connaissance de cette histoire et du devenir de cette petite école; il en émane une tristesse et une mélancolie qui procurent en moi des sentiments puissants: tantôt je n’arrive pas à regarder cette image tant je suis triste, tantôt mes yeux ne peuvent se détourner de l’écran tant l’image est belle et tant j’ai envie de “sauver” cette école !

Ecole coloniale à Rose Hill

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